Nadia nous fait voir la vie en Roz et « ça fait du bien »

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nadia

Jamel Debbouze l’a annoncé comme étant la révélation du Marrakech du rire 2015. Nadia Roz mérite amplement son titre. Celle qui interprétait Cléopatre dans Peplum sur M6 y a également fait des apparitions dans Scènes de ménage auprès de Raymond et Huguette. Son spectacle « Ça fait du bien » est actuellement à l’affiche à l’Apollo Théâtre de Paris. On ne pouvait pas passer à côté !

Comment es-tu arrivée à la comédie ?

J’ai toujours été assez rigolote. Quand j’étais petite, j’étais vraiment petite et on m’appelait « la naine, la schtroumpfette, mini pouce…». J’ai développé l’humour pour m’affirmer afin que l’on m’écoute. Et puis c’est passionnant de faire rire les gens, grâce à l’humour on peut dénouer les tensions, attirer l’attention sur soi, briser plus facilement la glace, passer un bon moment, s’amuser. J’ai remarqué que souvent moins il y a de l’argent et plus il y a de difficultés, plus il y a de l’humour. Je pense que ce n’est pas un hasard mais un réflexe de survie. Je le constate d’autant plus avec les récents évènements ou je joue devant des salles combles. J’en suis la première étonnée car je pensais qu’il n’y aurait personne mais les gens sont là et ont besoin de rire ensemble. On a besoin de se sentir vivant… Ça m’a surpris, ça m’a émue même et je trouve qu’aujourd’hui tout résonne différemment. On n’est pas des chirurgiens, on ne greffe pas des cœurs mais on les réchauffe un peu, c’est la magie de
l’humour !

Être une femme humoriste c’est ?…

Il y a une bataille qui a été gagnée car on ne se pose plus la question «est-ce qu’une fille c’est drôle ?». Florence Foresti nous a clairement ouvert les portes, elle fait rire tout le monde, elle s’est imposée et ça nous a décomplexé, nous, les générations d’après. L’humour ne se passe pas dans le code de chromosomes. (rire)

Quelle a été ta force pour en arriver là ?

La passion ! Au début c’est difficile, on joue devant 5 personnes mais comme tous les métiers quand on commence c’est compliqué. L’important c’est de savoir pourquoi on est là et quel est le plaisir qu’on en tire. Pour ma part, c’est une évidence, parce que c’est compliqué pour moi de passer une journée sans jouer et interpréter. Je n’ai jamais douté de ça. Tout cela avec beaucoup de travail évidemment, fini par payer, il n’y a pas vraiment de recette. Et puis j’adore ce que je fais !

Que faisais tu avant la comédie ?

J’ai fait des études de cinéma mais je n’ai pas réussi à intégrer le milieu alors j’ai un peu travaillé en tant qu’assistante de production dans la pub et à la tv. À l’époque je ne m’avouais pas encore que je voulais devenir comédienne. Puis j’ai déménagé à Nice où les opportunités dans ma branche étaient casi inexistantes alors j’ai pas mal enchainé des missions en intérim dans le secrétariat comme je le raconte dans mon spectacle.

Comment t’es-tu décidée à sauter le pas ?

C’est un peu comme une marmite parce qu’en réalité j’ai toujours voulu monter sur scène et ça commençait un peu à siffler ! Et un jour je me suis décidée et me suis lancée corps et âme dans ce projet et me suis mise à écrire au bureau pendant mes pauses déjeuner. J’avais comme objectif de remonter sur Paris l’été suivant alors j’y ai mis toute mon énergie et j’ai perdu 10kg en 1 an ! Je m’étais mis une grande pression et je n’avais rien dit à personne. J’avais retrouvé la prof de théâtre de mon enfance qui entre temps était devenue un grand metteur en scène de « La Comedia Del Arte » et du théâtre classique. Pour elle, c’était un défi aussi, on s’est lancée et ainsi le spectacle est né. Ça a rapidement fonctionné !

Comment ont réagi tes proches en te voyant pour la première fois sur scène ?

Depuis petite, ils me voyaient faire du théâtre et le jour ou j’ai arrêté ils avaient tous trouvé ça dommage. En revanche la première fois qu’ils m’ont vu sur scène c’était magique ! C’était dans un petit théâtre « La Petite Loge » vers Pigalle, de 27 places et on était 60 avec les enfants par terre, les tâtats, les tontons debouts et dans le lot une dizaine de vrais spectateurs ! Il y avait une ambiance de ouf ! (rire) Depuis ma mère est ma fan numéro 1 !

Quel est ton gros projet pour 2016 ?

J’ai le tournage d’une série sur une grande chaine hertzienne en préparation qui sera diffusée en Juillet. C’est une comédie avec une super équipe qu’on tournera en février. C’est une belle aventure qui commence. Je continuerai le théâtre à côté et je pense que je vais maigrir encore plus. (rire)

Comment gères-tu ta vie de maman – comédienne ?

J’ai la chance de pouvoir passer du temps avec mon fils mais quand j’ai besoin de travailler j’ai ma maman qui est là. En ce qui concerne ma vie de comédienne c’est ce que je sais faire donc ça va. (rire) J’essaye de ne pas me noyer dans un verre d’eau en prenant les choses dans l’ordre afin de ne pas me laisser déborder. Puis j’ai le luxe et la chance d’avoir une super équipe avec un attaché de presse, un attaché de prod, un attaché… en fait ils sont tous attachés ! (rire)

D’où te vient cette inspiration pour tes textes, ta tâta dans le spectacle c’est une vraie tâta ?

Oui ! J’ai vécue 2 ans au Maroc étant petite et j’ai été fascinée par la liberté de ton et l’humour décapant des femmes entre elles ! Ma tata zumeta du sketch c’est tout à fait ça, je n’ai même pas eu besoin de forcer le trait, au contraire, mon personnage est beaucoup plus sage. (rire)

Tu interagis souvent avec ton public, aurais-tu une anecdote à nous confier ?

Oui ! Parmi les spectateurs que j’intègre à mes sketchs, il y a toujours une dame que je prends pour cible, une fois, en plein spectacle cette dame s’en va. Moi, comme tout le public avons pensé qu’elle s’était vexée et je me suis senti vraiment mal. Ça n’était jamais arrivé avant alors je l’arrête et lui demande si ça va… Elle me répond « oui oui ça va, ma fille veut faire pipi ! » (rire) J’étais vraiment soulagée et toute la salle s’est mise à rire !

Que t’a apporté de positif ton enfance en banlieue ?

Un super pouvoir d’adaptation. Pour des raisons personnelles, j’ai beaucoup bougé avec des moments pas toujours faciles et ça oblige à savoir s’adapter en toutes circonstances et peu importe le milieu social. En tant que comédienne, ça m’aide énormément car je suis tout de suite en empathie avec les gens et je m’adapte facilement. Je pense que c’est une force de la banlieue que de savoir faire avec les contraintes.

Quel conseil donnerais-tu ?

Ecouter son intuition, se faire confiance et se lancer mais pas n’importe comment. Il faut faire les choses par étapes, de façon pragmatique et passer à l’action !

Un dernier mot ?

Venez kiffer au théâtre ! Soutenez le spectacle vivant ! Réalisez vos rêves ! Et soyez solidaires !

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