Hapsatou Sy l’entrepreneuriat au féminin

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C’est dans une ambiance chaleureuse et décontractée d’un resto situé à 2 pas de son bureau que nous avons eu le plaisir de rencontrer pour vous la belle et talentueuse chroniqueuse de D8 Hapsatou Sy.

Comment t’est venu le désir d’entreprendre ?

C’est venu de l’histoire de mon père. Pour moi il est un entrepreneur car il a quitté tout ce qu’il avait : le matériel, l’affect, la famille, dans le village de l’ Orkadière au Sénégal pour venir en France. Comme beaucoup de parents issus de l’immigration, il est parti vers l’inconnu le plus absolu pour essayer d’offrir à ses enfants un avenir meilleur.
Ça pour moi c’est de l’entrepreneuriat, même si il n’a pas crée une boite !
J’ai vu mon père se lever et aller bosser et ne jamais se plaindre, c’est vraiment ce qui m’a donné la rage de réussir. J’avais envie que mon père se repose et prendre la relève.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans l’entrepreneuriat ?

De ne pas croire à ce que la société nous dit. Les gens adorent nous dire que tout est impossible avec des mots qui inspirent le doute et devraient nous empêcher de vivre nos rêves. Tout ce que je fais aujourd’hui, la société m’avait dit que c’était impossible avec en plus tous les préjugés possibles : femme noire, issue de l’immigration, vivant en banlieue, issue d’une famille nombreuse… Bref la totale ! J’aurais du finir en ne faisant absolument rien de ce que j’aurais voulu faire. Or je pense que c’est à nous de décider de ce qu’on souhaite faire !

Quels sont, selon toi, les cotés positifs d’avoir grandi en banlieue ?

Je ne vois que des côtés positifs d’avoir grandi en banlieue. Je n’ai certes pas grandi dans les banlieues les plus difficiles mais je pense que même dans ce cas, on a cette chance qu’on ne réalise pas forcément du fait des difficultés du quotidien : tout ce qui nous entoure est richesse. Il nous est possible d’observer des choses que d’autre n’ont pas la chance d’observer et c’est ce qui va nous aider à trouver des idées pour créer, innover, développer et entreprendre.
Je pense que de ce fait quand on a 1 euro on sait en faire 100€ voir 1000€… Nous avons ce système débrouille acquis dès petits qui nous permet de transformer les choses en or. Quand à l’inverse d’autres qui avec 1000€ se retrouvent avec 1€ parsqu’ils n’ont pas cette valeur des choses et qu’ils ne se rendent pas compte de la difficulté de gagner sa vie.

Quels sont tes projets d’avenir ?

J’inaugure prochainement mon showroom et mon siège social à Paris, ça faisait un moment que je cherchais mes locaux. Cela va être l’occasion pour moi d’organiser plein d’événements autour de la femme, de l’entrepreunariat, de l’ambition, du rêve. Car pour moi le rêve français existe !

De continuer à développer ma gamme de produits avec des noms aussi fous que ceux que j’ai déjà lancé et de réussir à faire porter le message que l’époque du « Soit belle et tais-toi ! » est révolu. Désormais c’est « soit belle et fais ! »

Mes cosmétiques portent ce message car c’est comme ça qu’on devient belle.

D’ailleurs toutes les égéries de ma marque sont des femmes qui ont créé.

Le fait de se dire « je veux ressembler à cette femme, non pas seulement pour sa beauté mais aussi pour ce qu’elle est : une femme forte » ça j’aime bien.

Je voudrais imposer ce positionnement dans un Je ne vois que des côtés positifs d’avoir grandi en banlieue. environnement ou seule l’apparence prime.

Quel effet ça fait d’être une des rares présentatrices TV noires ?

Bien entendu je trouve qu’il n’y en a pas assez ! Je n’ai pas attendu qu’on me donne ma place, j’ai été provoquer les choses et je serai ravie qu’il y en ait plus qui en fassent autant. Evidemment quand on regarde la télévision américaine versus la française on se rend compte qu’on a un vrai problème, qui à priori, ne semble pas se régler. J’aimerai beaucoup voir plus de diversité surtout sur certaines grandes chaines nationales.
Il faut que les gens comprennent que la compétence n’est pas une question de couleur de peau. La télé devrait être le reflet de la société. Dans la rue on voit des gens de toutes origines alors à la télé on devrait voir des gens de toutes origines. Le message passera un jour j’espère !

Quel est ton plus grand rêve ?

Le premier serait de mettre à l’abri mes parents de façon définitive.
Le deuxième serait de voir mes produits absolument partout et sur tous les continents. De voir ma marque, ce bébé que je porte depuis tant d’années, devenir une marque internationale et affronter les plus grands.

D’où te vient cette constante bonne humeur ?

Je considère qu’on ne peut pas se plaindre. J’ai une belle vie, je suis en bonne santé. Il y a des gens qui vivent dans la souffrance et ça serait de l’irrespect que de se plaindre dans ces conditions. Sans compter que je suis nourrie toute la journée par ma folie et mes nouvelles idées. Quand je me lève le matin, j’ai hâte d’attaquer ma journée parcequ’elle va être ce que j’ai décidé d’en faire et non pas ce qu’elle va m’imposer, la vilaine ! (rire)
Donc oui je suis enthousiaste à l’idée de faire de nouvelles rencontres et d’échanger car la vie est belle !

Comment as-tu fait une force de tes origines modestes ?

Je suis très fière de mes origines et personne n’arrivera à en faire une faiblesse. Pour moi ma force a toujours était ce que je suis, mes origines et ma couleur de peau font parti intégrante de moi et vu que je ne les rejette pas il n’y a pas de chance que quelqu’un réussisse à me convaincre, surtout que je suis têtue, (rire) du contraire.

Quand je te dis Kiwi mag qu’est ce que cela t’évoque ?

Du pep’s, de l’énergie, de la fraicheur, de la couleur, de la nouveauté et une femme complètement folle qui arrive avec son grand sourire, qui vit une aventure extraordinaire aussi et ça se voit ! (rire)

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